Le point éco : France, Zone Euro, USA : bilan 2018 et perspectives 2019

Janvier 2019

Le point éco : France, Zone Euro, USA : bilan 2018 et perspectives 2019

Stéphanie Villers - Chef économiste de Malakoff Médéric Humanis

Quelle a été la situation économique en France en 2018 ? La croissance de la zone euro va-t-elle continuer sur sa lancée en 2019 ? Qu’en est-il de l’économie américaine ? Bilan et perspectives avec Stéphanie Villers, chef économiste de Malakoff Médéric Humanis.

Catégorie : Conjoncture économique

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Quelle est la situation économique en France ?

 

La croissance en France au dernier trimestre 2018 a enregistré une hausse de 0,3 % par rapport au trimestre précédent.

Alors, c’est un chiffre rassurant on s'attendait à des résultats bien plus médiocres, parce que je vous rappelle qu'il y avait ce mouvement des gilets jaunes qui est venu altérer l'activité de fin d'année en ces périodes de fêtes.

 

C'était pas bon pour le commerce de détail, mais au final la consommation des ménages est restée stable d'un trimestre sur l'autre. En plus, l'investissement des entreprises est resté tonique à 0,3 % de hausse au dernier trimestre, ce qui fait un investissement global sur l'ensemble de l'année de plus de 4 %. Alors ça, ça veut dire que les entreprises continuent à moderniser leur appareil productif, continue à être positif sur l'avenir et ça c'est un indicateur qui est clairement bon signe pour améliorer la productivité des entreprises, mais aussi pour la progression des embauches sur l'ensemble de l'année 2019.

 

Quelles sont les perspectives économiques pour la zone euro ?


Alors, en dépit des tensions liées notamment au Brexit mais aussi les incertitudes liées aux négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis, la zone euro va pouvoir bénéficier de facteurs porteurs sur l'ensemble de 2019.

 

Déjà, deux principaux pays de la zone euro ont décidé de continuer, de poursuivre, leur politique budgétaire expansionniste. Pour rappel, le gouvernement français a décidé d'injecter 10 milliards d'euros supplémentaires sous forme de baisse d'impôts et de baisse de taxes, qui va apporter plus de pouvoir d'achat aux ménages.

 

Même chose pour l'Italie qui a décidé un peu d'accroître son déficit public de manière temporaire, pour stimuler la demande interne à travers notamment la mise en place d'un revenu minimum. Plus, en fait, on a d'autres facteurs extérieurs qui vont vraisemblablement aider à la croissance, on a déjà la poursuite de taux d'intérêt faibles, c'est toujours bon pour l'investissement. On a le pétrole dont les prix ont commencé à baisser en octobre 2018, ils devraient vraisemblablement, sur la première partie de l'année, rester à des niveaux tout à fait soutenables aux alentours de 60 dollars le baril. C'est bon pour le pouvoir d'achat des ménages et en plus le commerce extérieur de la zone euro va pouvoir continuer de profiter d'une parité euro-dollar en faveur de la monnaie unique.

 

La monnaie unique reste attractive, on a vu par exemple qu'en France, sur le dernier trimestre 2018, la balance commerciale était redevenue positive. Les exportations ont été gonflées sur cette dernière partie de l'année. Ce qui a fait que par exemple pour 2018, la croissance de la France a été de 1,5 % soutenu par ce commerce extérieur.

 

Quelle sera la tendance de la croissance américaine pour 2019 ?
 

L'économie américaine finit l'année 2018 en beauté, la croissance du PIB devrait être de l'ordre de plus de 3 %, ça a été vraisemblablement soutenu par la consommation des ménages qui a augmenté de près de 4 % sur 2018. Alors, il y a aussi sur le marché du travail, les nouvelles sont bonnes puisque en moyenne il y a eu, à peu près, plus de 220 000 créations d'emplois mensuels. Le taux de chômage, lui, est resté à son niveau de plein emploi à 3,9 %, et en outre, on a eu des revalorisations salariales qui ont été supérieures à 3 % sur les 3 derniers mois de l'année, donc c'est un marché très tonique.

En revanche comme le prix du pétrole à reculer à partir du mois d'octobre et bien ça a allégé la contrainte sur les prix, on a vu l'inflation global aux États-Unis passer en dessous des 2 % en décembre à 1,9 %, alors ce qui a permis à la FED d'arrêter, si vous voulez, son resserrement monétaire. Elle a augmenté par 4 fois ses taux directeurs sur 2018, taux directeur qui est actuellement à 2,5 %, et là, compte tenu d'une inflation contenue elle a décidée de faire une pause en ce début d'année. En plus c'est vrai que au niveau macroéconomique on voit quand même un début de signe d'essoufflement, l'ISM manufacturier a été en fort recul. On voit aussi que l'investissement des entreprises reste assez faible donc on s'attend sur 2019 à une croissance toujours tonique mais plus faible que 2018 aux États-Unis.

 

Conclusion :

 

La zone euro devrait continuer de profiter de facteurs porteurs en 2019 et enregistrer une croissance légèrement supérieure à 2018. A contrario, la croissance américaine devrait ralentir à 2% en 2019 contre 3% en 2018.

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