Fin de la politique d’assouplissement monétaire en zone euro : quelles conséquences ?

Octobre 2018

Fin de la politique d’assouplissement monétaire en zone euro : quelles conséquences ?

Abdelhalim Ssadik - Gérant obligataire d’Humanis Gestion d’Actifs

Pourquoi la BCE a-t-elle mis en place une politique d’assouplissement monétaire et quelle en a été l’efficacité ? Quels sont les impacts attendus de la sortie de la BCE de ce dispositif sur le marché obligataire ? Eléments de réponse d’Abdelhalim Ssadik, gérant obligataire d’Humanis Gestion d’Actifs.

Catégorie : Actualités des marchés

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Pourquoi la BCE a-t-elle mis en place une politique d’assouplissement monétaire ?

La Banque Centrale Européenne joue un rôle essentiel dans notre économie. Elle est responsable de la politique monétaire au sein de la zone euro. Elle a pour mission de maintenir l’inflation en dessous mais proche de 2%, afin de garantir la stabilité des prix.

Or, suite aux crises de crédit successives, qu’on a pu connaître, l’inflation est tombée à des niveaux très bas, proche de 0 avec un risque important de déflation, c’est-à-dire, une baisse généralisée et durable des prix, ce qui peut s’avérer dangereux pour la croissance dans la mesure où l’anticipation des baisses de prix peut pousser les ménages à reporter leurs achats.

La politique d’assouplissement monétaire a été mise en place en 2015 pour éviter ce risque.

Il s’agit d’un dispositif exceptionnel qui vise à relancer la circulation de crédit dans le système financier et à faire baisser les taux d’emprunt. Il consiste à injecter de la monnaie sur les marchés en achetant des obligations à un rythme soutenu.

 

Quels ont été les effets de ce dispositif ?

Après plusieurs années, les effets sont mitigés. On a certes, évité une déflation annoncée, mais on n’a pas retrouvé une inflation à 2% comme le souhaiterait la Banque Centrale.

Néanmoins, force est de constater que la croissance est de retour. Ce qui pousse la Banque Centrale à sortir de ce dispositif exceptionnel progressivement, et à amorcer, une remontée des taux graduelle, au plus tôt, à partir de l’été 2019.

 

Quels vont être les impacts de l’arrêt de cette mesure sur le marché obligataire ?

La sortie d’un acheteur de taille comme la BCE devrait en théorie, peser sur les cours obligataires.

Cependant, la Banque Centrale a pris la peine de poser les jalons de son retrait en annonçant, très en avance, sa sortie. De plus, cette dernière se fait par étapes, en réduisant progressivement, les montants injectés sur le marché. Le programme de rachat est passé de 60 milliards d’euro par mois, à 30 milliards d’euro par mois en octobre 2017, puis à 15 milliards d’euro par mois le 30 septembre dernier, et enfin, à 0 au 31 décembre 2018.

Cela ne veut pas dire que la BCE arrêtera d’acheter des titres pour autant. Elle compte d’ores et déjà, réinvestir les retombées des achats précédents.

Par ailleurs, la BCE a précisé qu’elle se tenait prête à intervenir à nouveau si les marchés montraient des signes de crise.

Nous voyons donc, clairement, que la Banque Centrale cherche à accompagner le marché en sortant de son programme très progressivement. Les impacts sur le marché obligataire devraient donc être très limités.

 

Conclusion :

Avec le retour de la croissance en zone euro, la BCE a annoncé la fin prochaine de sa politique d’assouplissement monétaire. En réduisant très progressivement ses achats d’obligations et en préparant les marchés très en amont, les impacts sur les cours obligataires devraient restés limités.

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